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L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
AU SERVICE DE LA FONCTION PUBLIQUE

Quelles sont les nouveautés technologiques au sein de la Fonction publique ? Comment l'Intelligence Artificielle (IA) revalorise-t-elle le rôle de conseil des agents du secteur public et recréé une vraie valeur ajoutée grâce au capital humain dans les métiers ?

Définition de l'Intelligence Artificielle (IA)

Elle a envahi nos écrans, suscite parfois la méfiance des Français mais est désormais incontournable : l’intelligence artificielle a fait progressivement son entrée dans les métiers de la Fonction publique.
L’objectif affiché du gouvernement est de soulager les agents du secteur public, en leur permettant de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée et de revaloriser leur rôle de conseil. Autre atout, l’intelligence artificielle permet aussi de simplifier la relation avec les usagers du secteur public.


L’IA dans la Fonction publique : déjà des exemples concrets !

Par définition, l’intelligence artificielle est utile pour de nombreuses tâches, telles que la gestion des données en facilitant le travail de contrôle des agents des différents ministères. Au sein du ministère de l’Agriculture, par exemple, la direction de l’Alimentation a lancé le programme lAlim, qui utilise l’intelligence artificielle pour identifier les établissements de restauration où il faut concentrer les contrôles. En scannant les avis et notes des consommateurs sur des plateformes comme Tripadvisor ou Google. L’intelligence artificielle présente des avantages : elle facilite et accélère le travail de repérage des agents chargés du contrôle. Les mêmes mécanismes de veille et d’orientation des contrôles ont été adoptés dans d’autres ministères. Par exemple, au ministère de l’Environnement au sein de l’Office français de la biodiversité. Plus récemment encore, l’administration fiscale a annoncé tester un logiciel développé en collaboration avec Google, permettant de détecter les installations non-déclarées (piscines, terrains de tennis, vérandas, abris de jardin…) afin de ne pas s’acquitter d’impôts locaux supplémentaires. L’intelligence artificielle croise ici les déclarations des contribuables avec les images satellites et oriente ainsi le travail des agents du Trésor public.


Des outils développés en fonction des besoins des agents de la Fonction publique

Des recommandations issues de l’intelligence artificielle, que les agents du secteur public sont libres de suivre ou non. “Ces logiciels laissent toute la liberté à l’agent d’appliquer ou pas leur recommandation, ou même d’interpréter leurs données avec une certaine distance ”, explique Paul-Antoine Chevalier, chef du pôle exploitation des données au sein du département Etalab de la direction interministérielle du numérique. Il s’agit d’une administration publique dont l’objectif est d’améliorer le service public et l'action publique grâce aux données. “L’idée n’est pas de proposer un outil tout fait, supposé remplacer le travail de l’agent. À chaque fois, nous tentons de partir d’un besoin exprimé par les agents du secteur public, et de développer une solution ad ’hoc avec les métiers concernés. C’est une solution complémentaire du travail de l'agent.”


Avantage de l’IA : Faciliter le travail des agents de la Fonction publique

Autre révolution engagée par l’intelligence artificielle dans le service public: l’accélération et l’automatisation des processus. Derrière cette formule, des exemples très concrets illustrent comment les agents du secteur public gagnent du temps dans leurs tâches quotidiennes. Au ministère de la Justice, la publication en open data des décisions de justice fait désormais partie des obligations de la Loi pour une République numérique. Mais avec 3,9 millions de décisions de justice prises chaque année, et seulement 15 000 diffusées en open data sur le site LegiFrance, le compte n’y est pas encore. L’intelligence artificielle est dans ce cas utilisée pour “pseudonymiser” efficacement ces décisions de justice, en effaçant automatiquement les données personnelles des justiciables telles que leurs noms, adresses et dates de naissances. “Ce travail très chronophage peut être accéléré par des algorithmes”, démontre Pierre-Antoine Chevalier. Dans les collectivités territoriales également, cette fonction de l’intelligence artificielle fait son apparition.

L’intelligence artificielle a enfin pour mission d’améliorer la relation entre agents du secteur public et usagers. La généralisation des chatbots, ou “logiciels conversationnels”, en fait partie. Ces petites fenêtres, que vous voyez souvent apparaître en bas à droite de votre écran lorsque vous surfez sur Internet, viennent répondre aux questions des usagers sans intervention humaine. En identifiant les celles récurrentes et en automatisant les réponses à apporter, ces logiciels permettent aux agents chargés d’accueillir et de répondre aux usagers de se concentrer sur des situations plus rares et plus complexes. Les chatbots, déjà largement utilisés dans le service public, sont désormais déployés en interne dans certains secteurs, comme dans le service ressources humaines d’Orléans Métropole, qui a mis à disposition de ses 3 500 agents un chatbot chargé de répondre à leurs questions.

Collecte des impôts, préservation de l’Environnement, contrôles sanitaires… De nombreux secteurs de la Fonction publique ont déjà adopté l’intelligence artificielle dans leur quotidien. L’objectif du gouvernement est désormais de l’appliquer partout où les besoins s’en font sentir.


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