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FONCTIONNAIRES :
COMMENT SONT-ILS SENSIBILISES
A LA TRANSITION ECOLOGIQUE

L’État accélère la transition écologique de ses services publics et fait jouer à ses agents un rôle moteur dans cette évolution. De nombreux outils et dispositifs ont été mis en place pour sensibiliser les agents du secteur public et faire évoluer leurs missions et leurs habitudes au travail.


Transition écologique et Fonction publique


Définition : la « transition écologique »

Créé par le Britannique Rob Hopkins, le concept de « transition écologique » est à l’origine un ensemble de principes et de pratiques formés à partir des observations et des expérimentations de personnes ou de groupes de personnes (villes, villages) sur les sujets de résilience locale, d’économie circulaire, de développement durable et de réduction des émissions de CO2.

Mise en avant par les ministères spécialisés en la matière  - le ministère de la transition écologique ou encore le ministère de l’écologie - cette expression utilisée plus largement pour désigner l’évolution de notre société vers un nouveau modèle économique et social, un modèle durable et solidaire, qui renouvelle nos façons de produire, de consommer, de nous déplacer et de vivre ensemble pour répondre aux grands enjeux environnementaux tel que le changement climatique, la rareté des ressources, la perte de la biodiversité ou encore les risques sanitaires.


Au niveau des services de l’État et de la Fonction publique

Depuis 2008 et le Grenelle de l’Environnement, l’État a engagé des démarches écoresponsables au niveau de ses services, avec notamment un plan interministériel « Administration exemplaire » déployé entre 2015 et 2020. En février 2020, le plan Services publics écoresponsables est lancé pour accélérer la transition écologique de tous les services publics, à la fois dans leur fonctionnement et dans leurs missions.

Ce plan repose sur un socle de 20 engagements répartis en 6 thématiques : suppression des produits phyto-pharmaceutiques (pesticides), alimentation plus respectueuse de l’environnement (notamment dans les cantines scolaires), économie circulaire et numérique responsable, réduction de la consommation d’énergie dans les bâtiments (au travers de la rénovation et de l’isolation des bâtiments publics notamment), mobilité des agents du secteur public et achats plus responsables (achat de papier recyclé, arrêt des produits à usage unique, etc.).

Tous les services de l’État, ses établissements publics ainsi que ses opérateurs sont concernés par cette démarche, soit plus de 200 000 sites et 2,4 millions d’agents. Les collectivités territoriales, leurs groupements et les hôpitaux peuvent également se porter volontaire pour rejoindre le dispositif. Les fonctionnaires sont ainsi incités à prendre des initiatives et à mener des actions au sein de leurs services. Les ministères et préfectures nomment aussi un correspondant Services publics écoresponsables pour mobiliser les acteurs indispensables pour la mise en place d’actions concrètes. Enfin, une plateforme interministérielle appelée OSMOSE a été créée pour permettre les échanges entre les agents du secteur public, les correspondants et les pilotes des projets.

Au terme de l’année 2020, un bilan positif a été dressé dans différents domaines : hausse des achats de papier recyclé, rénovation thermique de 39 cités administratives, amélioration des repas en collectivité, etc. Si bien que le dispositif a été reconduit pour 2021.


Une incitation aux modes de transport écologiques

Un des volets de ce plan concerne la mobilité et le recours à des modes de transports verts, moins polluants, plus écologiques, comme le vélo, la voiture électrique ou encore le covoiturage. Différentes  incitations existent actuellement pour aider les agents du secteur public à adopter de nouvelles habitudes pour leurs moyens de déplacement quotidiens. On peut notamment citer :

  • Le forfait mobilités durables (FMD)de 200 euros par an pour les agents de la Fonction publique d’État qui ont recours au vélo ou au covoiturage (comme conducteur ou comme passager), avec un minimum de 100 jours par an ;

  • Le développement de places de stationnement sécurisées pour les vélos dans tous les parkings des services publics ;

  • La mise en place de partenariats avec des opérateurs privés de covoiturage, comme Karos. Des collectivités territoriales commencent à proposer à leurs agents des plateformes dédiées au covoiturage, c’est le cas dans la Région Rhône-Alpes-Auvergne où 200 000 agents ont désormais accès à une application facilitant le covoiturage.

Les achats et l’utilisation de voitures électriques et hybrides sont également encouragés, en particulier concernant les achats de véhicule de service et de fonction pour les collectivités. Quant au développement des bornes de recharge de véhicules électriques, il devrait s’accélérer, avec un objectif de 500 bornes installées en 2021 sur les sites des services de l’État.


Des formations au développement durable pour les agents de la Fonction publique

Enfin, il semble important de souligner l’importance de la formation pour sensibiliser les agents de la Fonction publique à la transition écologique. Dans cette optique, le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) a construit une offre de formations répondant aux exigences du législateur en matière de formation des agents à la transition écologique. Elle travaille pour cela en partenariat avec l’Agence de la transition écologique (l’ADEME), le CEREMA (Centre d’Études et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement) et le secrétariat d’État à l’Économie sociale et solidaire.

Son offre de formation  intègre les trois grands piliers du développement durable (économique, social et environnemental). Elle s’adresse soit à des métiers spécifiques, comme celui d’acheteur public, soit à tous les agents au travers de leur formation d’intégration à la Fonction publique, quels que soient leur catégorie et leur grade. Le CNPFT intègre également dans son éventail de formation les 17 objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 adoptés lors d’un sommet des Nations Unies en 2015, garantissant des formations à la hauteur des défis environnementaux et climatiques actuels.


Quelques chiffres dans le Monde et en France :

Dans le monde :

  • 83,1 % de la consommation mondiale repose sur les énergies fossiles

  • X2 : les émissions de CO2 entre 1973 et 2017 ont doublé

  • +1,2°C : hausse de la température mondiale entre 1850/1900 et 2019

  • + 9 cm : élévation du niveau de la mer entre 1993 et 2019

En France :

  • + 1,8° C : hausse des températures en métropole depuis 1961

  • -19 % : évolution des gaz à effet de serre entre 1990 et 2018

  • -40 % : objectif de réduction des gaz à effet de serre entre 1990 et 2030

  • 5 tonnes de CO2 : c’est ce qu’émet un Français par an en 2018.

  • 326 millions de tonnes de déchets en 2020 produits par la France soit 5 tonnes de déchets par an/par habitant en 2020.

Sources : Chiffres clés du climat


Pour aller plus loin :