BFM S'ENGAGE

ÉCHANGE EXPRESS
AVEC SÉVERINE, BIBLIOTHÉCAIRE

 

Céline Olivier : Depuis combien de temps êtes-vous bibliothécaire ?

Séverine : Depuis 5 ans mais je travaille à la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC) depuis 10 ans et demi.

 

CO : Pourquoi avoir choisi ce métier ?

S : Avant, j’étais restauratrice de livre. Je suis arrivée par hasard à la BULAC. Au fil des années, j’ai évolué jusqu'à devenir bibliothécaire.

 

CO : Quelles sont les compétences et les qualités nécessaires pour l’être ?

S : Avant tout, posséder une bonne culture éditoriale. Être curieux aussi, avoir le goût du contact mais ce qui compte le plus c’est d’aimer rendre service aux gens.

CO : Auriez-vous une phrase pour définir votre métier ?

S : La transition bibliographique.

CO : La quoi ?

S : Pour faire simple, la transition bibliographique c’est la transformation de notre métier. Avec l’évolution des outils, notamment informatiques, il est en train de profondément changer.

 

CO : Justement, avec le développement du numérique, les bibliothèques sont désormais (presque) toutes équipées d’ordinateurs en libre-service. Vous arrive-t-il d’aider vos visiteurs à faire des démarches administratives en ligne ?

S: Oui, et bien plus souvent que vous ne l’imaginez ! Je considère d’ailleurs que cela fait partie du rôle d’une bibliothèque. Nous sommes avant tout un service public.

 

CO : En plus d’un bon accueil, les bibliothèques proposent beaucoup d’animations : « Printemps des poètes », lectures publiques... La BULAC organise-t-elle aussi des événements ?

S : Bien sûr. Chaque année, nous participons à « La nuit de la lecture ». Lors de la dernière édition (qui s’est tenue en janvier, NDLR), nous avons reçu une troupe de théâtre qui a lu des poèmes inspirés du « Roi Singe », un recueil de légendes indiennes. C’était très sympa !

 

CO : Avez-vous parfois des demandes étranges de la part de vos visiteurs ?

S : Ah ça... ! Il arrive souvent que certains d’entre eux m’expliquent chercher un livre dont ils ne se souviennent plus ni du titre, ni de l’auteur. En revanche, parce qu’ils se rappellent de la couleur de la couverture, ils sont convaincus que je vais pouvoir les aider à le trouver ! (Soupirs et rires mêlés)

 

CO : Et vous, avez-vous déjà découvert un livre suite à une discussion avec l’un de vos visiteurs ?

S : Tous les jours ! Rendez-vous compte : nous avons plus d’un million et demi de documents disponibles à la BULAC, dans des dizaines de langues différentes de surcroît. Impossible pour moi de tous les connaître !

 

CO : En 2018, 6 millions de français étaient inscrits dans une bibliothèque[1]. À votre avis, pourquoi un tel engouement ?

S : Parce qu’elles sont le « troisième lieu » (le premier, c’est le domicile, le second, le lieu de travail, NDLR). Plus concrètement, une bibliothèque, c’est un endroit convivial qui permet à la fois de se cultiver, de découvrir de nouvelles choses et de nouvelles personnes. Difficile dès lors de ne pas s’y sentir bien.

CO : Un sentiment partagé par beaucoup puisque selon un récent sondage, 76% des usagers considèrent les bibliothèques comme des lieux utiles à tous[2]. Cela vous inspire quoi ?

S : Beaucoup d’espoir ! (Réponse instantanée)

 

CO : Un autre sondage, tout aussi récent, dévoile que la qualité de l'accueil dans les bibliothèques est considérée comme « très satisfaisante » par 82% des usagers[3]. Un tel chiffre vous touche-t-il ?

S : Ah oui ! Je suis très fière !

 

CO : La légende veut que les bibliothèques soient des lieux propices aux rencontres... (Elle coupe)

S : Oui, oui, je vous le confirme ! Depuis que je suis là, nous avons eu 4 « bébés BULAC » comme on les appelle ! Des enfants dont les parents se sont rencontrés ici !

 

CO : À ce propos, les enfants sont-ils vraiment des visiteurs turbulents ?

S : Nous sommes une bibliothèque universitaire, nous ne sommes donc pas accessibles aux mineurs. Mais je peux tout de même vous dire que nous avons un petit groupe composé d’une dizaine de personnes âgées de 40 à 50 ans qui, pour le coup, sont extrêmement turbulentes ! Bien plus en tout cas que ne le seraient des enfants... 

[1] Source : Ministère de la Culture, "Publics et usages des bibliothèques municipales "[2] Source : Ministère de la Culture, "Publics et usages des bibliothèques municipales "[3] Source : Ministère de la Culture, "Publics et usages des bibliothèques municipales "